(English version — la version française suit)

I don’t know exactly when it happened, but after years spent chasing goals, milestones, recognition, and validation, I woke up one day simply interested in the process: the methodology, the details, the different approaches, the analysis, the self-reflection, the growth.

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Somewhere along the way, the obsession with perfection, my image, how others perceived me, quietly dissolved. In its place came an appreciation for effort, intention, and presence. I now value delivering my best (sometimes excellent, never perfect), showing up deliberately, and protecting rest and recovery as essential parts of my musicianship.

To live a sustainable musical life, I had to change the way I thought. And once I did, practice became fun again. Playing with new people felt refreshing again. I felt inspired, joyful. I could finally breathe.

Looking back, I think doing a doctoral degree while holding a full-time academic position, traveling for concerts/ recordings and raising two toddlers simply broke my brain. I’m convinced of it.

From that moment forward, I had no choice: I had to work differently. I had to live differently. My brain couldn’t survive the same pace or the same pressure. I began scheduling rest on purpose, not as a reward but as a structural pillar. My body needed to see the safety net in the calendar in order to function without spiraling.

This meant creating this space intentionally at the beginning of the day, after the kids left for school.

Taking a moment for myself — enjoying a good breakfast and coffee, going for a run, reading a few pages, writing for pleasure, or knitting a few rows — before doing anything “productive.” Then, gently, I could move into work, after having doing something for myself first.

Slowly, I learned how to love practicing again. I even became friends with my fears. There is something empowering about practicing what terrifies you and learning to look for solutions rather than escape routes.

A profound turning point came last February while preparing Unearth, Release by Julia Adolphe, an extraordinary work that changed me. This piece sent me inward. It reconnected me with myself. It encouraged me to listen, trust, open, and pay attention to how I inhabit the world around me. It was a deeply liberating experience.

Julia wrote the piece while learning she had generalized anxiety disorder. I didn’t know this at the time. Yet I was experiencing panic attacks that appeared out of nowhere, emotions that had never visited me through my instrument before. My left arm had to contort into impossibly high, fragile positions. It felt more like tightrope walking than playing the viola.

I recently received the live recordings from those February concerts and felt ready to listen, to revisit the journey I had taken, the physical and artistic territories I had explored. Listening to live performances is always an intimate experience. You hear the humanity in the sound, the choices, the risks. That is the nature of bringing great works to life in real time: they invite us to stretch beyond ourselves.

What interested me wasn’t accuracy.
It was the path.

I now have another concerto premiere to prepare for March 2026, and this time, I want to begin the vulnerable process much earlier. Not out of fear, but out of genuine curiosity. I want to spend more time in the places that feel unfamiliar, the passages that test the limits of technique, the musical images that stretch my imagination, the emotional spaces that ask something new of me.

There is a clarity that comes from staying with discomfort long enough to understand it. Instead of rushing to fix things, I want to let the music reveal what it needs. I want to explore how my body responds, how my mindset adapts as I discover what the piece is asking of me, how my sound evolves when I lean into the edges rather than avoid them.

This time, I’m giving the process more spaciousness, more patience, more trust. I want to discover what wisdom lives in those tender zones, and what kind of artist emerges when I allow the work to change me slowly and deliberately from the inside out.

I hope you enjoyed these reflections, and I’ll see you next Friday!

Marina

Comment le processus m’a choisie plutôt que le résultat

(Version française)

Je ne sais pas exactement quand c’est arrivé, mais après des années passées à courir après les objectifs, la reconnaissance et la validation, je me suis réveillée un jour simplement intéressée par le processus : la méthodologie, les détails, les différentes approches, l’analyse, l’introspection.

L’obsession de la perfection, que ce soit mon image, la façon dont les autres me percevaient — s’est dissipée sans que je m’en rende compte. À sa place est apparue une appréciation pour l’effort, l’intention et la présence. J’accorde désormais plus de valeur au fait d’offrir le meilleur de moi-même (parfois excellent, jamais parfait), d’agir avec intention et de protéger le repos et la récupération comme des éléments essentiels de ma vie de musicienne.

Pour profiter d’une vie musicale durable, j’ai dû changer ma manière de penser. Et une fois que je l’ai fait, la pratique est redevenue agréable. Jouer avec de nouveaux collègues s’est remis à être rafraîchissant (au lieu de terrifiant). Je me sentais inspirée, joyeuse. Je pouvais enfin respirer.

Avec le recul, je crois que mener un doctorat tout en occupant un poste professoral à temps plein, voyager pour mes concerts/enregistrements et en élevant deux tout-petits a simplement brisé mon cerveau. J’en suis convaincue.

À partir de ce moment, je n’ai plus eu le choix : je devais travailler autrement. Je devais vivre autrement. Mon cerveau ne pouvait plus subir le même rythme ni la même pression. J’ai commencé à planifier le repos intentionnellement, non comme une récompense mais comme une structure fondamentale. Mon corps avait besoin de voir cette place horaire dans le calendrier pour fonctionner sans s’effondrer.

Cela signifiait de prendre un moment pour soi dès le debut de la journée, après que les enfants quittent pour l’école.

Prendre un moment pour moi — savourer un bon déjeuner et un café, aller courir, lire quelques pages, écrire pour le plaisir ou tricoter quelques rangs — avant de faire quoi que ce soit de « productif ». Puis, doucement, je pouvais me lancer dans le travail.

Peu à peu, j’ai réappris à aimer pratiquer. Je suis même liée d’amitié avec mes peurs. Il y a quelque chose de puissant dans le fait de travailler ce qui nous effraie et d’apprendre à trouver des pistes de solutions plutôt que des échappatoires.

Un tournant profond est survenu en février dernier en préparant Unearth, Release de Julia Adolphe, une œuvre extraordinaire qui m’a transformée. Cette pièce m’a poussée vers mon intériorité. Elle m’a reconnectée avec moi-même. Elle m’a encouragée à écouter, à faire confiance, à m’ouvrir, à accorder plus d’attention à la façon dont j’habite le monde. Ce fut une expérience profondément libératrice.

Julia a composé cette œuvre alors qu’elle apprenait qu’elle souffrait d’un trouble d’anxiété généralisée. Je ne le savais pas encore. Pourtant, je vivais des crises de panique qui surgissaient de nulle part, des émotions qui ne m’avaient jamais visitée à travers mon instrument. Mon bras gauche devait se contorsionner dans des positions très aiguës et fragiles. On aurait dit que je pratiquais le métier de funambule plus qu’être altiste.

J’ai récemment reçu les enregistrements de ces concerts de février et je me suis sentie prête à écouter, à revisiter le chemin parcouru, ainsi que les territoires physiques et artistiques que j’avais explorés. S’écouter en concert live est toujours une expérience intime. On entend l’humanité du son, les choix, les risques. C’est la nature même de faire vivre de grandes œuvres en temps réel : elles nous invitent à nous dépasser.

Ce qui m’intéressait, ce n’était pas la précision.
C’était le chemin parcouru.

J’ai maintenant une autre création de concerto à préparer pour mars 2026, et cette fois, je veux commencer ce processus de vulnérabilité beaucoup plus tôt. Non par peur, mais par réelle curiosité. Je veux passer plus de temps dans les zones qui me sont encore inconnues : les passages qui repoussent les limites techniques, les images musicales qui élargissent mon imagination, les espaces émotionnels qui me demandent quelque chose de nouveau.

Il y a une clarté qui vient du fait de rester avec l’inconfort assez longtemps pour le comprendre. Au lieu de me précipiter dans les grandes lancées techniques, je veux laisser la musique révéler ce dont elle a besoin. Je veux explorer comment mon corps réagit, comment mon état d’esprit s’adapte à ce que l’œuvre me demande, comment mon son évolue lorsque j’ose approcher les contours plutôt que de les éviter.

Cette fois, j’offre au processus plus d’espace, plus de patience, plus de confiance. Je veux découvrir quelle sagesse habite ces zones sensibles et quel type d’artiste pourrait émerger lorsque je laisse le travail me transformer lentement et délibérément, de l’intérieur vers l’extérieur.

J’espère que vous avez apprécié ces pistes de réflexion, on se retrouve vendredi prochain!

Marina

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